« Du souffle pour nos territoires » – Rencontre internationale dans le Mené

Vignette

L’économie humaine au cœur d’une rencontre internationale

C’est dans le cadre de son partenariat avec le Réseau International de l’économie humaine que Le Mené (22) a accueilli, les 14 et 15 juin, une rencontre internationale ayant pour thème : « Du souffle pour nos territoires ».

DSPNT02

Une économie qui garantisse la dignité

Sur son site le réseau RIEH précise : « L’économie humaine c’est la façon dont la société s’organise pour répondre aux besoins humains ». Elle a réuni des intervenants internationaux (Mali, Pérou, Inde, Le Mené) qui ont partagé des expériences de terrain très différentes d’un pays à l’autre, mais qui ont en commun une vision de l’Homme placé au centre de l’économie, dans des sociétés solidaires et en harmonie avec le vivant.

DSPNT01Les témoignages ont montré que vouloir changer de modèle nécessite toujours beaucoup de courage (parfois de mettre sa vie en péril comme l’ont fait ces témoins étrangers) et de s’appuyer sur les habitants, notamment les femmes et les jeunes. De son côté, Le Mené, territoire menacé de désertification dans les années soixante, a expliqué comment il s’est pris en main en impulsant des dynamiques successives de développement à partir des ressources locales, énergétiques notamment. Il s’agit en quelque sorte de prendre le contrôle local de la vie économique tout en intégrant les aspects sociaux, culturels, techniques, agricoles etc.

 

L’importance de questionner et d’évaluer le projet sur la durée

Les participants se sont ensuite retrouvés en ateliers autour du thème « Développer un territoire de manière intégrée et solidaire » et de questions comme : s’organiser, se faire connaitre, trouver sa place, s’enraciner dans un élan populaire, s’ouvrir, se renouveler, se projeter…

Parmi les idées fortes on retiendra que pour tout projet (institutionnel ou associatif) il faut se questionner :

  • Quelle est sa Valeur ? Il doit répondre à des besoins réels, être porteur d’une philosophie et d’une volonté « politique «
  • Est-il Viable?  Il faut se demander s’il est réalisable ou faisable techniquement et financièrement
  • Est-il Vivable?  Il doit être appropriable par les acteurs et par ceux pour qui il est réalisé
  • Est-il Vendable ? Il est intéressant qu’il soit transposable à d’autres territoires avec un souci de vision prospective

Tout projet doit faire l’objet d’une évaluation permanente par les acteurs eux-mêmes car ils sont plus qualifiés que des experts extérieurs au regard souvent trop technique.

Parmi les leviers de réussite, il a été souligné l’importance que soit défini en amont un « pacte institutionnel » ou une charte fixant les orientations, les attendus ainsi que les règles de fonctionnement entre les acteurs. Il est essentiel que les instituants (ceux qui portent) et les institués (ceux qui réalisent) restent dans leurs rôles respectifs pour une bonne mise en œuvre du projet, par ailleurs facilitée par l’usage d’un langage accessible à tous les acteurs.

Il faut d’abord agir avant de communiquer car on est plus convaincant quand on s’appuie sur du concret. Là encore, il faut considérer que ce sont les acteurs du projet qui en parleront le mieux, surtout s’ils s’appuient sur des éléments issus de son évaluation.

Il a beaucoup été question de la place des femmes et des jeunes lors de ces deux journées. Parmi les phrases entendues : « Il semblerait que les femmes soient mieux adaptées à la nouvelle dynamique du monde » et « Il faut savoir « vendre » son territoire aux jeunes et s’ouvrir à eux pour qu’ils aient l’envie de prendre le relai ». Il a été souligné que la fracture intergénérationnelle et entre les genres était un enjeu majeur de l’économie humaine.

Une volonté partagée d’essaimer

Ces deux journées très intenses se sont terminées par une réunion publique au bourg Saint-Gouëno- le Mené : l’occasion pour les invités étrangers de témoigner à nouveau et de présenter une synthèse des échanges en ateliers devant une assistance d’une centaine de personnes qui a pu partager la grande chaleur humaine qui a enveloppé cette rencontre.

Un manifeste rédigé par tous les acteurs de cette rencontre sera bientôt rendu public.


REVUE DE PRESSE

Dans le Mené, un élan international pour la dignité

Deux jours, et quatre continents réunis. À Merdrignac, dans le Mené, a eu lieu une rencontre internationale pour évoquer l’économie humaine. Elle s’est conclue par l’écriture d’un manifeste.

Pendant deux jours, le monde s’est retrouvé à Merdrignac, en Centre-Bretagne, au cœur du Mené. Deux jours où une cinquantaine de personnes, venue de quatre continents ont partagé leur expérience de l’économie humaine.Hier et jeudi, se déroulait en effet la Rencontre internationale du Rieh (Réseau international pour une économie humaine). Pourquoi ici, en Centre-Bretagne ? « La plupart du temps, ces rencontres se déroulent dans de grandes capitales, dans des lieux impersonnels », indique Dominique Lesaffre, président du réseau.

18b4607cbded046fe204d04877706e06-dans-le-mene-un-elan-international-pour-la-dignite

Vivre dans la dignité

Cependant, pour ce colloque, il a souhaité « affirmer que ce que nous faisions est une affaire de territoires et de volontés au bénéfice de l’humain ». Et dans le Mené particulièrement, ayant connaissance de « la longue trajectoire déjà lancée pour la transition énergétique, en cohésion avec les territoires ». Ce que Jacky Aignel, maire de la grande commune nouvelle n’hésite pas de rappeler : « nous nous sommes mis en marche en ce sens il y a une cinquantaine d’années ».

Pendant deux jours « d’échanges fructueux » autour du développement local et solidaire, Fatimata Touré a donné son expérience de Gao, au Mali, où des associations se mobilisent pour la paix et la réponse aux besoins des habitants. Christina Samy, venue d’Inde, est intervenue sur l’émancipation éducative et sociale des femmes et des travailleurs agricoles. Bien d’autres intervenants, d’Uruguay, de Corée, de Madagascar, ont aussi pris la parole pour témoigner de leurs efforts.

Puis tous se sont réunis dans des ateliers, toujours en lien avec l’humain et le territoire. Avec pour finalité trois objectifs, énumérés par Michel Tissier, trésorier du Réseau international pour une économie humaine : « Que chacun y voit plus clair sur ce qu’il peut faire chez lui, en s’inspirant des témoignages de chacun, pour écrire un manifeste, construit à partir de ce que nous nous disons, et pour poursuivre notre démarche dans le temps. »

Ce manifeste est la finalité du colloque international du Mené. « On y développe notre projet, l’économie humaine, au niveau local. » Avec cette économie bien définie : « intégrale, solidaire, participative et en harmonie avec le vivant », insiste Michel Tissier. Mais toujours en se rappelant que chaque territoire a ses spécificités « et que les sociétés doivent s’organiser pour que chacun puisse vivre dans la dignité ».

Source et photo : Ouest-France


« Du souffle pour nos territoires » : une assemblée aux couleurs de la diversité

Vendredi soir, quelque 90 personnes étaient présentes à la salle des fêtes, pour la clôture du rassemblement « Du souffle pour nos territoires ». Plusieurs nations y étaient représentées : le Mali, l’Inde, la Corée, l’Uruguay, Madagascar…

Chacun vit une situation particulière dans son pays mais, au-delà des frontières, tous travaillent à une économie qui soit davantage axée sur l’humain plutôt que la recherche du profit.

Dominique Le Saffre, actuel président du réseau international pour une économie humaine, a rappelé qu’un Dominicain breton, le père Lebret, pas ailleurs inspirateur d’une encyclique papale, a été à l’origine de ce mouvement.

Le public a été particulièrement touché par l’intervention de Fatimata, ingénieur agronome du Mali, qui a rappelé que dans son pays, les femmes ont très rarement accès à l’instruction. Elle a surtout évoqué la rébellion qui a touché le nord de son pays. À ce moment-là, ce sont les populations qui ont assuré leurs propres services sociaux.

Quant à Miguel, originaire du Pérou, il a plaidé pour un autre modèle de développement et de relations.

Source : Ouest-France


L’ORIGINE DU PROJET

Sur quatre continents, des territoires en chemin vers l’économie humaine

Les élus du Pays du Mené et le Réseau international pour une économie humaine (RIEH) ont proposé :
Une Rencontre internationale les 14 et 15 juin 2018 en Bretagne,sur le territoire du Mené, pour échanger et analyser les expériences de chacun, persuadés que nous pouvons apprendre les uns des autres.

  • A Gao (Mali), la population est confrontée à la conjonction de deux problèmes majeurs :
    la sécurité reste très conflictuelle, puisque la zone a été occupée pendant plusieurs mois par les djihadistes et les indépendantistes et le mal développement. Des  associations se mobilisent pour la paix et la réponse aux besoins de la population.
  • Au Tamil Nadu, des travailleurs journaliers agricoles et des femmes, victimes de discriminations en tant que dalits (intouchables) s’éduquent, revendiquent leurs droits, s’adressent à la justice, montent des projets générant des revenus.
  • Dans la périphérie de Lima, au Pérou, les habitants de Villa El Salvador, quartier informel, s’organisent pour la mise en place de services publics.
  • Au Centre Bretagne, un territoire, Le Mené, menacé de désertification refuse de mourir, se prend en main en impulsant des dynamiques successives de développement
    endogène et participatif.
  • Au Bénin, le centre Songhaï a su montrer qu’on peut concilier productivité agricole et restauration de l’environnement en organisant un système intégré associant culture, élevage et pisciculture, recyclant les déchets et les eaux usées, produisant sa propre énergie, organisant toute la filière avec transformation et  commercialisation. C’est en outre un centre de recherche et de formation.

Tous ces groupes ont en commun une vision de l’homme appelé à vivre dans la dignité, dans des sociétés solidaires, en harmonie avec le vivant.
Cette vision nous concerne tous, vous qui êtes impliqués dans des expériences de développement local, ici en Europe, vous qui participez à des expériences de solidarité internationale. Vous êtes invités à nous rejoindre.
Ensemble, avec des invités de différents continents, nous chercherons à croiser nos expériences de terrains pour redéfinir, les conditions du changement de modèle de
développement d’un territoire qui s’appuie sur des dynamiques collectives locales.
La rencontre sera nourrie d’ateliers des participants, d’intervenants internationaux, de réflexions communes et d’une restitution lors d’une réunion publique sur le nouveau souffle à trouver pour nos territoires, sur la définition des conditions pour que le changement de modèle de développement, absolument nécessaire, s’appuie sur des dynamiques collectives locales.

DES ENGAGEMENTS


Première conviction :
Face aux défis que connaît notre humanité – persistance de situations inhumaines alors que nous disposons de toutes les ressources pour répondre à la diversité des besoins fondamentaux, risque de voir la terre rendue inhabitable – il est impératif de conjuguer une capacité à penser et agir localement et une capacité à penser et agir globalement.
Le niveau local, celui où l’on vit et on travaille, celui où la participation directe peut s’appuyer sur la capacité à se rencontrer, celui où l’histoire et la géographie ont construit des racines culturelles communes a un rôle fondamental à jouer pour maîtriser les forces qui conduisent à l’abîme.

Deuxième conviction :
Dans une situation mondiale marquée par les interdépendances, les territoires des différents continents connaissent des situations à la fois assez semblables et assez différentes pour apprendre les uns des autres.
On peut dégager ensemble de l’analyse des différentes expériences des leçons qui sont utiles à chacun et des pistes communes pour la meilleure fécondation réciproque du local et du global.

Une référence, l’économie humaine :
La rencontre s’inscrit dans la perspective tracée par le livre paru en 2016 en trois langues : Chemins d’économie humaine / Caminos de economia humana/ Paths of Human Economy.
Cet ouvrage dégage de certains exemples, des enseignements sur la façon dont on peut agir pour un développement humain, intégral, solidaire et participatif, en harmonie avec le vivant.

Une démarche :
Faire se rencontrer les porteurs de l’action sur quatre territoires, confrontés à la fois à des enjeux communs et des contextes différents, analyser les facteurs de réussite
et les obstacles à surmonter, s’adresser ensemble aux pouvoirs politiques, économiques et culturels pour qu’ils mènent leur action en négociation avec les territoires.
Poursuivre sur la base des enseignements de cette rencontre une démarche qui associe des territoires divers pour que cette base de toute action de transformation de nos sociétés se renforce.
Pour que nos territoires ouverts s’enrichissent de leurs échanges proches et lointains.

Comment transformer « les mille misères, mille chantiers, mille projets en autant de sources et de chemins pour la montée humaine universelle ? » (L-J. Lebret).

Pour toute question relative à ce projet,
vous pouvez nous joindre à l’adresse suivante :

Mairie déléguée de Collinée,
2 rue Simon d’Estienne 22330 LE MENÉ

Par courriel
[ dusoufflepournosterritoires@mene.fr ]

ou par téléphone au :
02 96 31 47 17 / 02 96 31 40 02

Contact : Marie Grippaudo