Un territoire pionnier

Le Mené est un territoire agricole qui est devenu précurseur dans les énergies renouvelables.

2011-eoliennes-pyj

Cette dynamique s’enracine dans une longue histoire de luttes locales qui remonte aux années 1960. Elles ont été marquées par quelques figures fortes, comme Paul Houée, prêtre, chercheur à l’Inra et maire de Saint-Gilles-du-Mené. A l’époque, la préoccupation est de maintenir des emplois dans un territoire rural mono-agricole sur le déclin. L’intérêt pour les énergies renouvelables émerge plus tard, au début des années 2000.

La politique énergétique s’est mise en place sur 20 ans en devenant de plus en plus ambitieuse, jusqu’à se fixer l’objectif de l’autonomie énergétique en 2025. Tout est parti de la volonté d’un groupe d’agriculteurs de trouver des solutions pour gérer leurs déchets organiques. Ils ont découvert en Europe du nord qu’ils pouvaient les transformer pour produire de l’énergie grâce à la méthanisation. Le projet Géotexia mettra toutefois 11 ans avant de se concrétiser grâce à  l’appui financier de la Caisse des dépôts et des industriels locaux dont Kermené. Les élus, dont beaucoup sont agriculteurs, ont pris conscience de l’intérêt  de développer la production d’énergies renouvelables car c’est de l’argent qui reste sur le territoire et cela conforte l’économie locale. Très vite, il y a eu une envie partagée de créer un mix énergétique à partir des ressources naturelles disponibles.

Cette politique énergétique lui vaut d’être reconnu comme Territoire à Énergie Positive (TEPOS).

La loi de juillet 2015 sur la transition énergétique a mis en place un fonds spécial d’1,5 milliards d’euros pour renforcer les initiatives locales exemplaires en matière de transition énergétique. Le territoire du Mené a été retenu parmi 212 collectivités sélectionnées comme “ territoires à énergie positive pour la croissance verte » (TEPCV). Il a obtenu à ce titre une enveloppe de 500 000 euros.

Depuis 10 ans, argent public et privé confondu, 30 millions d’euros ont été investis dans les énergies renouvelables au Mené. La subvention TEPCV du ministère de l’Écologie représente un peu moins de 2% de cette somme.

La Route des Energies

Présentation

2016-07-28-plaquette-rde-2016-verso

La Route des Énergies consiste à :

  • Présenter par l’exemplarité, différents sites aménagés, diverses expériences significatives d’aménagement et de développement local durable réalisées sur le territoire du Mené ;
  • Sensibiliser différents publics sur les énergies ;
  • Développer une destination de tourisme industriel et durable sur le Mené ;
  • Donner une notoriété novatrice au territoire du Mené.A travers cette Route des Énergies, sont proposés :
  • un circuit permanent reliant les différents sites exemplaires aménagés sur le territoire de la Communauté de communes ;
  • un accompagnement à la demande pour l’organisation de visites guidées et animées pour des groupes constitués de professionnels, particuliers et touristes sur réservation, scolaires, …

Les sites

L’usine de méthanisation Géotexia

Photo : Pierre-Yves Jouyaux
Photo : Pierre-Yves Jouyaux

L’usine de méthanisation est une unité de valorisation des matières organiques biodégradables située sur la commune-déléguée de Saint-Gilles du Mené.

Cet équipement collectif permet de traiter les excédents d’azote des exploitations, des graisses issues des usines agroalimentaires de la région, et des boues de stations des zones industrielles. La capacité totale de traitement est de 75 000 tonnes/an. Pour valoriser les rejets d’eau issus du processus de traitement du digestat, des plantations de saule TTCR (taillis à très courte rotation) et de miscanthus ont été réalisées. La production locale de cette biomasse sera affectée dans les plateformes Bois-Energie installées sur le territoire.

Sur le plan énergétique, l’usine permet une production d’énergie importante issue de la transformation des matières organiques. En effet, le biogaz produit est utilisé pour alimenter deux moteurs biogaz produisant  entre 13 et 15 millions de kWh/an d’électricité. A cette énergie électrique, viennent s’ajouter la production de 14 400 MWh/an d’énergie thermique. L’une des perspectives d’avenir concernant la chaleur basse température (issue du refroidissement des moteurs) est l’alimentation d’une serre.

Sur le plan environnemental, le processus permet d’éviter le rejet de 9 800 tonnes de CO2/an.


L’huilerie de colza

18-06-2011-portes-ouvertes-1er-rencontres-energies-et-territoires-ruraux-pyj-30
Photo : Pierre-Yves Jouyaux

L’huilerie est un bâtiment industriel implanté sur la commune-déléguée de Saint-Gouëno. Elle est gérée par la Coop Ménergol (65 exploitants agricoles actuellement). L’huilerie Ménergol produit de l’huile de colza à partir  d’une ressource végétale produite localement : la graine de colza. Cette huile est destinée à alimenter les engins agricoles (en totale substitution ou addition au fuel) de la région mais peut également être utilisée dans l’alimentation humaine et animale. Le résidu du pressage (tourteau de colza) est utilisé dans les élevages pour l’alimentation des bovins. L’équipement a une capacité de production totale de 1400 tonnes d’huile par an soit 1,6 millions de litres.

Sur un plan environnemental, la valorisation en circuit court de cette ressource énergétique locale permet de réduire l’utilisation de l’énergie fossile. En effet, l’huilerie ne produit aucun déchet. La production d’huile, à capacité maximum et à exploitation exclusive comme carburant, représente une économie d’émission de CO2 de l’ordre de 4000 tonnes/an.


Les plateformes bois-énergie et réseaux de chaleur

hangard-copeaux-bois

Cinq réseaux de chaleur sont actuellement en fonctionnement sur le territoire. Ils desservent, pour le chauffage, différents bâtiments publics (salle des fêtes, mairie, école, centre multimédia, …), commerces (restaurants, garage, supérette, …) mais également des bâtiments privés (30 maisons au Gouray). Les chaudières principales utilisent des plaquettes de bois déchiqueté pour la combustion. En cas de froid intense, des chaudières secondaires sont mises en route pour pouvoir répondre au besoin. Sur le toit des deux plateformes, deux installations photovoltaïques permettent de produire de l’électricité qui est revendue à EDF.

En terme de bilan environnemental, la consommation de plaquettes bois pour les chaudières permet d’avoir une réduction importante d’utilisation de l’énergie fossile (fuel) ainsi qu’une économie carbone, le bois recyclant le carbone.


Le parc éolien des « Landes du Mené »

2011-eolienne-pyj
Photo : Pierre-Yves Jouyaux

En juillet 2013, un parc éolien a été inauguré, sous le nom de « Landes du Mené », à cheval sur la crête qui sépare Saint-Gouëno et Saint-Jacut.

L’historique et le montage financier du projet font son originalité. En effet, 140 ménages du territoire du Mené se sont regroupés sous la forme de 8 clubs d’investisseurs, des CIGALES (Club d’Investisseurs pour uneGestion Alternative et Locale de l’Epargne Solidaire), pour participer à l’investissement et détenir 30% du capital social. Le reste est détenu aujourd’hui par la SICAP, société coopérative de la région de Pithiviers (Loiret), qui gère, comme régie locale, la distribution électrique dans une centaine de communes et s’est lancée dans la production éolienne. Tout ceci formant la société d’investissement industriel «Citéol Mené».

En termes plus techniques, 7 éoliennes, d’une hauteur de 90 mètres et d’une puissance nominale de 850 kW chacune, verront le jour prochainement. La production annuelle estimée du parc est de 13 à 19 MWh, soit la consommation annuelle d’environ 6000 foyers.


La pépinière d’entreprises Ménerpôle

pepiniere-jpg
Photo : Jean-Pascal Guillouët

La pépinière d’entreprises se situe sur la commune-déléguée du Gouray. Sa conception est novatrice et durable. En effet, les locaux tertiaires bien isolés et abrités dans une enveloppe étanche de 25 cm de ouate de cellulose, sont chauffés à 90% par le soleil. La façade Sud, constituée d’un vitrage et de deux murs en béton, font offices de capteurs d’énergie et fournissent ainsi la chaleur nécessaire. Pour les périodes les plus froides, un petite pompe à chaleur vient en complément. L’ensemble ne consomme que 40 kWh/m²/an d’électricité.


Pour tout renseignement ou question :

Service Développement Durable – La Croix Jeanne Even – Collinée
02 96 31 47 17

Ou par message électronique